Mise à jour le 23 oct. 2026
Publié le 23 octobre 2026 – Mis à jour le 23 octobre 2026

Financement ANR
2026 - 2030
Porté par François Osiurak

 Ce projet cherche à savoir si les interactions contemporaines avec les technologies de type intelligence artificielle (IA) représentent une véritable rupture dans l'histoire cognitive humaine, ou si elles prolongent un continuum ancien d'adaptation aux technologies. Autrement dit, ces technologies engagent-elles des formes inédites de cognition sociale—comme la capacité à attribuer des états mentaux à des entités non humaines—, ou ne font-elles qu'intensifier des tendances déjà présentes dans nos rapports aux machines, notamment les technologies pré‑IA ?
►L'hypothèse de départ est que la perception de l'esprit dans la technologie peut émerger par deux voies :
♦ l'une, "ascendante", liée à la ressemblance perceptive avec des agents intentionnels (ex : mouvements autonomes) ;
♦ l'autre, "descendante", fondée sur l'opacité du fonctionnement technique, qui pousse l'esprit humain à supposer une cause intentionnelle lorsque le mécanisme reste obscur.
Ces deux dynamiques pourraient expliquer pourquoi certaines technologies paraissent "animées" ou "sociales".
 
► Pour éclairer cette problématique, ce projet interdisciplinaire s'organise autour de quatre work packages.
♦ Le WP1 (Neuroscience cognitive) analysera les réponses cérébrales associées à différentes catégories technologiques, du simple outil à la machine intelligente sociale, afin d'identifier un éventuel gradient cognitif entre ces niveaux.
♦ Le WP2 (Psychologie expérimentale et culturelle) explorera les déterminants cognitifs de cette tendance, en comparant plusieurs cultures selon leur propension à l'animisme.
♦ Le WP3 (Psychologie développementale) visera à déterminer à quel âge et dans quelles conditions les enfants attribuent une agentivité ou une expérience à des technologies.
♦ Enfin, le WP4 (Psychologie sociale) étudiera les conséquences sociales de ces interactions, notamment la manière dont elles redéfinissent la frontière entre humain et non-humain et influencent les processus de déshumanisation.
 
Agence nationale de la recherche (ANR)